Le pacte de compétitivité, en avez-vous déjà entendu parlé ?

« le silence est un aveu » ! Cette pensée d'Euridipe que je mets en exergue cette semaine sur le blog s'applique parfaitement sur le sujet de cet article et qui concerne concrètement la vie des Français plutôt que les chicaneries politiciennes, les soi-disantes fautes de français et autres petites phrases qui remplissent l'espace politico- médiatique ! Pendant ce temps, les ministres et les chefs d'État de l'Europe vont entériner aujourd'hui un document particulièrement préoccupant pour les salaires et les droits sociaux des salariés de l'union ainsi que pour l'indépendance de chaque pays. (lire le document intégral)

C'est un document antisocial préparé dans le plus grand secret par la commission européenne, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. C'est une aggravation, sans précédent, du traité de Lisbonne, que les dirigeants de l'union se proposent de modifier par une « procédure simplifiée » pour éviter de passer devant le suffrage universel ! On peut, cependant, résumer quelques-unes des mesures de ce «pacte» :

  • les parlements nationaux seront dépossédés de la maîtrise de leur budget,
  • les états devront garantir une «modération salariale» dans le privé comme dans le public,
  • le peu de barrières douanières, qui restent encore, seront supprimées,
  • aucune limite n'est donnée pour repousser l'âge de départ à la retraite,
  • le niveau des prestations sociales sera encore diminué,
  • c'est la précarité et qui sera la norme du marché du travail,
  • une TVA antisociale sera instituée pour supprimer la part de salaires payés par les entreprises,

Les syndicats européens sont outrés. Ils ont même signé une déclaration commune, c'est une première (lire l'article de journal l'Humanité sur le sujet). Ils appellent, avec des O.N.G. et des organisations comme ATTAC, les économistes atterrés  à une riposte d'envergure en Europe. Le Parlement européen a donné cette semaine, seulement un avis (il n'a pas de pouvoir), sur la modification du traité de Lisbonne sans passer par les procédures démocratiques. Pour ce qui concerne la France, la droite, le parti socialiste, les verts ont voté cela sans broncher. Seul les députés du groupe de la gauche européenne, dans lequel siège les communistes et le parti de gauche, ont voté contre ! !

Tout ceci est dramatique et certains s'étonneront que des citoyens français écoeurés se précipitent dans les bras du diable : le Front National. Je ne partage pas toujours les points de vue de Jean-Pierre Chevènement mais je livre à votre réflexion une analyse qu'il publie aujourd'hui dans Marianne :

«Le véritable carburant de l’extrême droite, c’est la crise économique, sociale et politique qui est devant nous. Le « pacte de compétitivité » Merkel-Sarkozy porte en lui la menace d’une terrible régression sociale. Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !»

l'Europe qui soi-disant « protège » est aux mains des oligarchies qui veulent continuer leur course insatiable au profit au détriment du bonheur des peuples et de l'existence même de l'humanité sur la planète. Le front de gauche en France se bat pour ouvrir une issue à la crise sociale et écologique que traverse la France et l'Europe. Le fait que tout le système politico-médiatique s'acharne contre lui et l'un de ses porte-paroles Jean-Luc Mélenchon prouve que la voie qu'il propose est sans doute la bonne.
 

 

Laisser une réponse

Vous devez être connectés pour poster un commentaire.