L’oligarchie financière est-elle en train de changer de cheval ?

J'ai lu l'intégralité du discours de François Hollande dans le journal l'Humanité. Les médias avaient tellement « chauffé la salle » que je ne pouvais pas passer au travers. Que dire ? Les paroles eurent quelques accents de gauche mais le contenu correspond aux précédentes déclarations du candidat socialiste et là, pas de surprise, hélas ! Beaucoup de demi-mesures, comme sur le respect de la loi SRU, la construction de logements, l'isolation du bâti ancien mais une grande pauvreté sur les mesures drastiques qu'il faudrait prendre pour construire un million de logements comme le réclame la fondation Abbé Pierre. Et pour urgence, pas d'application de la loi de réquisition.

Il n'y a rien sur l'augmentation du pouvoir d'achat. La retraite à 60 ans, sauf pour quelques personnes, est abandonnée. François Hollande ne reviendra pas sur les suppressions de postes de fonctionnaires. Les créations de postes se feront à effectifs constants. Il faudra choisir parmi les postes des personnels de justice, de policiers, d'infirmières, etc. lorsque l'on créera un poste d'enseignant. Sur l'Europe et sur la la mise au pas du système financier, pourtant annoncé en parole, rien de très significatif ni de très efficace puisque le rôle de la banque centrale n'est pas remise en cause. On doit bien rire dans les salons feutrés des hôtels particuliers, et d'ailleurs aujourd'hui, la bourse monte ! François Hollande propose de renégocier le traité de Lisbonne, fort bien, mais avec quel contenu ? Et que fait-il si Mme Merkel ne veut pas bouger ?

 Je ne vais pas continuer de me livrer  à une critique exhaustive de ce discours, je pense que le candidat du FRONT DE GAUCHE Jean-Luc Mélenchon en tira quelques mots demain soir en meeting à Besançon. Vous pourrez d'ailleurs l'écouter en direct en vous rendant sur le site du FRONT DE GAUCHE : «place au peuple». Contrairement à François Hollande, aucun autre média ne le retransmettra.

Je voudrais cependant ajouter trois commentaires :

  1. François Hollande n'a pas dit un seul mot sur la façon dont il compte mettre en oeuvre ses propositions et surtout avec qui ? Avec François Bayrou ? Avec le FRONT DE GAUCHE ? Tout seul ? En union nationale comme en Grèce ? Les Français ont absolument besoin d'avoir une réponse à cette question. Ils ont besoin d'autres choses que l'injonction de M. Stefan Hessel à rejoindre François Hollande. C'est franchement ridicule, et pourquoi ce ne serait pas l'inverse ? Les belles lignes que ce monsieur a écrites correspondent plus au programme du FRONT DE GAUCHE qu'aux platitudes de François Hollande même bien emballées par ses communicants ! Comme l'a dit Alexis Corbière, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, « Dans beaucoup de pays, c’est précisément la politique que propose M. Hollande qui a suscité une grande vague d’indignation. Notamment  en Espagne que dirigeait alors monsieur Zapatero ! Pourquoi voter pour elle si c’est pour s’indigner contre elle, après ? ».
  2. Je suis absolument sidéré par le traitement médiatique de cet « événement ». Le lavage de cerveau auquel on assiste, et la servilité de beaucoup de « belles personnes » ne va pas tarder à ressembler aux pratiques de certains régimes autoritaires qu'on ne souhaiterait pas voir revenir. Cela m'interpelle vraiment sur le pluralisme de la presse d'aujourd'hui, je le savais, mais là, toutes les bornes ont été franchies. Au milieu de ce concert de louanges des groupies, vous n'avez aucune réaction du FRONT DE GAUCHE qui soit citée, encore moins commentée. (réaction de Martine billard pour le parti de gauche, celle de Pierre Laurent pour le parti communiste français).
  3. Plus fondamentalement, la plupart des médias étant aujourd'hui la propriété d'entreprises du CAC 40, je me demande si l'oligarchie au pouvoir n'a pas choisi François Hollande, et si elle  n'est en train de lâcher Nicolas Sarkozy. Mon interrogation est renforcée par le fait que les réactions de l'UMP me sont apparues particulièrement défensives et nulles. Ils avaient vraiment l'air de ne plus y croire du tout.

Voilà des questions qui devraient interpeller des militants et des électeurs de gauche sincères. Pour l'instant quand j'évoque ces questions avec des socialistes, ils m'opposent toujours le vote utile pour battre Sarkozy. Cette position est très dangereuse pas simplement pour le risque électoral lui-même mais aussi et surtout pour après.

Pour ce qui me concerne il en faudra un peu plus pour me convaincre et je suis sûr pour convaincre les Français de se rallier à cette politique qui présente des grands risques pour l'équilibre social de notre république et pour l'environnement. Un excellent article du journaliste Hervé Kempf du monde ces jours-ci montrait comment la crise grecque était en train de détruire l'environnement et le patrimoine culturel et historique de ce grand pays. N'oublions pas que Georges Papandréou a été élu sur un programme de gauche !

Plus que jamais, il faut renforcer le FRONT DE GAUCHE. Je profite de cette chronique pour me féliciter du fait que le collectif Autre Monde de Magny-Les-Hameaux ait décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon.

 

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